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Harvey W. Doering, Jr.
1st Lieutenant - Pilot - 99th Troop Carrier Squadron - 441st
Troop Carrier Group
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Récit narratif : DOERING, Evadé
Pilote : 1st Lt. Harvey W. DOERING
Co-pilote : 2nd Lt. Thomas E. WESTROPE
Chef d'Equipage : T/Sgt. James E. SMITH
Radio Opérateur : Sgt. John E. DELISTOVIC
Nous formions l'équipage d'un avion de transport de troupes C-47 chargé de larguer un stick de parachutistes au-dessus de Sainte-Mère-Église, tôt le matin du Jour J. Nous avons effectué le largage à l'heure prévue, mais nous nous sommes écartés de notre trajectoire en raison de la couverture nuageuse et avons été touchés par une violente DCA après avoir viré au nord pour regagner notre base. Le moteur gauche et une partie de l'aile ont été arrachés. Comme nous volions à basse altitude, nous n'avons eu d'autre choix que d'effectuer un atterrissage forcé dans un champ. Il était environ 01h31.
Nous étions un peu écorchés mais pas grièvement blessés, bien que l'avion ait fait un cheval de bois et se soit disloqué. Nous avons détruit le matériel radio, mis le feu à l'appareil, puis sommes allés nous cacher dans un fossé après avoir entendu des Allemands accompagnés de chiens à proximité. Nous y sommes restés jusqu'à 10 heures le lendemain matin, moment où deux Françaises sont passées. Nous sommes allés à leur rencontre pour leur dire que nous étions Américains. L'aînée a souri et nous a fait signe d'attendre. Plus tard, elles sont revenues avec de la nourriture et nous ont indiqué une meilleure cachette.
Nous y sommes restés deux jours et deux nuits, nous cachant à divers endroits du secteur. Les Françaises nous ont indiqué des haies et des meules de foin, et nous ont nourris de temps à autre. Elles nous fournissaient aussi des couvertures pour la nuit, car il faisait très froid. Nous disposions également de rations K et C, et nous avons utilisé certains éléments de nos kits d'évasion.
Le troisième jour, elles étaient accompagnées d'un homme nommé Émile Féry, chef de section de la police dans la ville voisine d'Équeurdreville, une banlieue de Cherbourg. Il nous a apporté des vêtements civils, que nous avons enfilés par-dessus nos uniformes, avant de nous conduire en voiture chez lui.
Cet homme était en bons termes avec les Allemands, qui lui permettaient de circuler où bon lui semblait. Sa maison ne fut jamais fouillée par les Allemands durant tout notre séjour. Nous restions tranquillement à l'intérieur, jouant aux cartes et faisant le ménage. Bientôt, nous entendîmes l'artillerie américaine se rapprocher de plus en plus. Durant les derniers jours, des obus tombaient à proximité; nous entendions aussi les Allemands faire sauter les installations portuaires, bien que nous ne puissions pas voir le port depuis la maison d'Émile.
Nous avons passé les deux derniers jours sous une grande table, car la maison ne disposait pas de cave et les tirs étaient incessants. Nous ne quittions notre abri que pour manger. Émile avait fait des réserves de nourriture et de vin, provenant pour l'essentiel du marché noir. Plusieurs autres Français, actifs au sein de la Résistance, sont venus nous apporter des nouvelles. Parmi eux figurait le maire du village, un homme nommé Alex. Un autre ami d'Émile, Pierre Roemer, l'agent gaulliste du secteur, est également venu nous voir à plusieurs reprises et nous a raconté avoir tué plusieurs Allemands.
La première patrouille américaine est passée le 25, après le dîner. Émile était absent. Nous avons entendu les soldats américains parler comme seuls des G.I. savent le faire; nous sommes sortis et leur avons montré nos plaques d'identité. Ils nous ont renvoyés au quartier général de la 9e Division, où le capitaine Jackson nous a brièvement interrogés.
Ensuite, nous avons été envoyés au quartier général du VIIe Corps, où un sous-lieutenant nous a interrogés en présence d'une vingtaine de correspondants de guerre qui prenaient de nombreuses notes. Il nous a également présentés à Collin Wills, un journaliste de la BBC; ce dernier a écouté notre récit et a rédigé un texte que nous avons enregistré sur un terrain voisin. Il nous a remis la copie ci-jointe de ce texte qui, selon ce que nous avons cru comprendre, a été diffusé le lendemain. Un capitaine français, officier de liaison, s'est aussi entretenu avec nous; il a dit bien connaître Émile ainsi que le maire d'ÉQUEURDREVILLE.
Le lendemain, l'officier de liaison aérienne nous a conduits à une piste d'atterrissage, d'où nous avons été ramenés par avion à notre base. Ce n'est qu'une fois de retour en Angleterre que les effets des bombardements que nous avions subis ont véritablement commencé à se manifester. On nous a hospitalisés et nous avons pu bien dormir.
Au fait, Émile a toujours une femme et deux enfants à ROUEN, sous occupation allemande.
Theodore M. Purdy (30 Juin 1944)
Capt. CE
Annexe D :
1. Les évadés disposaient de quatre boîtes de survie contenant des comprimés Horlicks, des allumettes, du chewing-gum, une boussole, un nécessaire de couture, une tablette de chocolat et du ruban adhésif. Ils suggèrent d'ajouter de l'aspirine à ce contenu.
2. Ils possédaient quatre pochettes contenant chacune 2 000 francs français. Ils ont dépensé cet argent pour de la nourriture et du tabac. Les cartes de Normandie se sont révélées utiles; la lime n'a pas été utilisée, mais la boussole s'est avérée indispensable.
3. Le sergent Delistovic disposait d'une boussole supplémentaire et de six rations «K». Les autres n'avaient aucun équipement d'évasion supplémentaire.
4. À l'exception du sergent Delistovic, tous transportaient six photos d'évasion chacun, mais ne les ont pas utilisées.
5. Ils avaient tous souvent assisté à des exposés sur l'évasion au sein de leur groupe. Avant le décollage, ils avaient reçu des instructions du commandant Barnes. Ils ont jugé ces exposés très utiles et n'ont aucune suggestion à formuler.
Annexe B : Les évadés ont été interrogés par le capitaine Jackson au quartier général de la 9e division afin d'obtenir des renseignements militaires.
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